
C’était l’avant-dernier jour de mon road trip en Calabre. Je devais rejoindre l’aéroport de Catane, en passant par Villa San Giovanni.
Il suffisait de suivre les panneaux à droite, mais quand Reggio de Calabre est apparue, ... j’ai tourné à gauche.

Je voulais voir Reggio, marcher sur le Lungomare, dont j’avais tant entendu parler. C'est le bout de la botte, le Cape Town de l'Italie.
Hôtel Continental RC

Il me fallait un hôtel pour la nuit. Ce soir-là, j’ai eu de la chance (ou tout est peut-être écrit finalement. Le premier hôtel sur ma route, le Continental RC, un peu à l’écart, était plein. Sauf une chambre : la suite au dernier étage, à 90 euros. Un grand appartement avec de larges baies vitrées, une terrasse donnant sur le détroit.
Je ne voulais plus bouger de là, me faire livrer et dîner sur la terrasse en regardant le détroit, à boire des bulles et à rêvasser.
Une soirée idéale pour terminer la lecture de mon livre de voyage, "Les Lions de Sicile" de Stefania Auci, une saga de Calabrais partis faire fortune à Palerme.
C'était parfait, c'était trop bien. Mais c'eût été trop con. Alors, comme Ulysse, j'ai succombé aux sirènes et je suis sortie à la rencontre de Reggio.
Il Lungomare Italo Falcomatà

Le Lungomare de Reggio di Calabria, officiellement "Il Lungomare Italo Falcomatà", est surnommé le plus beau kilomètre d’Italie. Vu la beauté de ce pays, ça intrigue.
Il faut revenir à l'histoire : le tremblement de terre de 1908
En 1908, un terrible tremblement de terre détruisit complètement la ville. La ville connu des hauts et des bas, et une période très basse vers les années 1970, à la fois sociale et architecturale, avec le passage du chemin de fer !
Et puis il y a eu un maire, Italo Falcomatà, particulièrement investi, un peu comme Haussmann à Paris. Pendant les trois mandats successifs pour lesquels il a été investi, Il a su donner à cette ville qui sombrait, ce qu'on appelle la bas, "le printemps de Reggio".




Une large avenue avec trois allées plantées de magnolias et palmiers, des bars, des terrasses, des statues, un amphithéâtre, des boutiques, tout en bord de mer. Le style Liberty des palais comme le "Palazzo Zani" le "Palazzo Spinelli" et la "Villa Genoese Zerbi" apporte une légèreté et une touche florale unique.
De part et d'autre, de larges trottoirs pour se promener au milieu de statues, des fontaines, un amphithéâtre, des boutiques et des restaurants.

Réflexion
En voyant ça, je me dis que toutes les corniches, tous les bords de mer devraient lui ressembler.
Pourtant, trop souvent, des maires ont défiguré ces lieux que la nature nous a offerts, gratuitement, en y plantant des gratte-ciel sans charme, tout en longueur, avec des parkings en bas, bloquant la vue pour tous, sauf les quelques rares privilégiés qui ont acheté à prix d'or un balcon !
Je m'égare ...

En face...
En face, il y a le détroit de Messine, avec toutes ses histoires de pêcheurs d'espadons, il y a Ulysse et la mythologie grecque.
En face, il y a aussi l'Etna qui souvent se réveille et remet les pendules à l'heure sur notre petitesse face à la nature. Il peut d'un coup tout détruire.
Et il faudra tout recommencer.
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