
Argusto, c’était le village de ma mère. Elle l’a quitté après son mariage, direction Lyon. Comme beaucoup de Calabrais à l’époque, elle est partie avec ses frères, ses beaux-frères, ses amis. Des colonies entières se sont installées à Chambéry, Grenoble, Lyon.
Chaque été pourtant, on y revenait. Deux mois entiers, en tribu, chez les grands-parents.

La seule chose qui nous importait, c’était la mer qu'on voyait à l'horizon, ici de la place centrale du village.
Soverato, c'était "The Place To Be". On voulait nager, profiter de la plage et de ses "Lidi" avec de la musique italienne (Umberto Tozzi qui chantait Ti Amo) et manger des glaces.
Le village c'était pour les vieux.

Le village à l’époque
Mais la beauté des villages, on ne la voyait pas encore. À cette époque, il y avait du monde partout. Assis sur les escaliers, les habitants discutaient sans fin : Cummara Peppina, Caterina…
C’était comme un théâtre à ciel ouvert. Ils parlaient politique, philosophie, aristote, ...
Non, je rigole.
Ils parlaient de tout et de rien, surtout de ce qu’on allait manger le soir, du temps qu'il allait faire demain, et bien sûr… de critiquer le voisin. Un vrai village quoi.


Les escaliers étaient à la fois la scène, et l'orchestre. Les habitants, les spectateurs et les acteurs.
Et nous "les touristes" on devenait le temps d'un mois, les Pop Corn, les amuses gueules.
"C'est le fils de qui lui ? "


Le village se vide. Je me souviens de la famille qui vivait ici.


Cette fontaine semble banale. Et pourtant. Il fut un temps pas si lointain, ou l'eau ne coulait pas au robinet toute la journée.
Regulièrement il y avait des coupures. Il fallait venir à cette fontaine pour remplir les seaux. Il y en avait une autre en haut du village.
ALors, cet endroit devenait un point de rendez-vous. Et autour de l’eau, ça parlait.
On se croirait au moyen âge, non ? Et pourtant non, c'était pas si vieux que ça.

Voilà, c'est ici la maison de ma mère, de ses parents et des 9 enfants. On ne voit que l'entrée, la maison est très grande et de l'autre côté on voit la mer. Il y a même un sous sol.
Vous voyez un trou ? Je vois plein de gens qui entrent et qui sortent.

Derrière ce trou, il y avait des escaliers. Le matin commençait toujours de la même façon : un journal, La Repubblica, et le café que ma tante m’apportait. On s’installait là, à discuter pendant des heures.
Le temps s’écoulait doucement. Des voisins passaient, en route pour les courses, pour la messe, ou pour le cimetière.
Et puis parfois, les jeunes filles du village s’arrêtaient exprès, en Vespa. "Ciao Sergio, ti va un caffè al bar ?". Je disais toujours oui. Je m'installais derrière, sans casque, pas obligatoire à l'époque, et on sillonnait les ruelles, je respirais l'air ambiant, son parfum, le bonheur.
Je me souviens
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